Guider la réalisation d’un projet vidéo

Alix 16 mars 2015

Dans tout ce que l’on entreprend, il est important de connaître le but final, et pour cela, il faut être conscient de la raison pour laquelle on désire atteindre ce but. Connaître son intention permet d’être très clair avec soi-même. Dans le cas d’un projet impliquant plusieurs personnes, cela devient vital.

Pourtant, beaucoup d’organisations décident de faire une vidéo sans avoir défini leur intention. Parce qu’une vidéo, c’est le medium le plus engageant, parce que c’est trendy, parce que tout le monde fait un aftermovie, …

Premièrement, raisonner de cette manière mène à un très mauvais retour sur investissement (en tout cas, très hasardeux). Deuxièmement, c’est en totale inadéquation avec le processus de création d’une vidéo (ou de tout autre discipline créative).

Le processus de création

  1. L’idée. La première étape est l’émergence d’une idée. Cette idée est une première visualisation du résultat que l’on vise. Elle est nourrie de diverses inspirations.
  2. La réalisation. En passant à la réalisation de cette idée, on est très souvent confronté à des contraintes et des limites, prévues ou non. Le moment où l’on confronte sa vision à la réalité est crucial. Le projet va subir des changements. Selon le degré de préparation et de maîtrise dont il bénéficie, les changements seront plus ou moins contrôlés et plus ou moins importants.
  3. Les ajustements. Passé le stade de la réalisation, on a dans la plupart des disciplines la possibilité de retravailler la création. En vidéo, c’est la retouche digitale. Cette étape permet, à partir de ce qui est sorti de l’étape de la réalisation, de chercher à se rapprocher au mieux de la vision d’origine.

Le processus de création subit donc quasiment automatiquement des aléas qu’il faut accepter. Mais il offre aussi des possibilités nouvelles ; au moins une partie de ces aléas peut être vue comme des opportunités. Ce sont parfois des idées qui naissent sur le moment, des contraintes que l’on peut contourner et ainsi améliorer la création finale, etc.

Le nombre et la qualité des options qui s’offrent à vous pour remplacer l’idée d’origine en cas d’imprévu dépendent du degré de contrôle que vous avez sur le processus de création.

  • Le temps. Plus tôt vous apprenez l’existence des contraintes qui se mettent en travers de la réalisation de la vidéo, mieux vous pouvez réagir. Avoir du temps permet de sélectionner judicieusement les parties à supprimer ou remplacer. Si l’imprévu survient au dernier moment, vous n’aurez pas la possibilité de définir ce qui sera modifié ou non ; ce sera tout ce qui reste à réaliser.
  • Le contrôle de la technique. Plus vous avez de contrôle sur chaque aspect de la vidéo, plus agilement elle pourra s’adapter. Par exemple, avoir tout le matériel audiovisuel à disposition peut permettre de réagir très rapidement. Il m’est arrivé d’avoir à redéfinir en grande partie une vidéo juste avant le tournage. Cette refonte a été rendue possible par les compositeurs avec qui je travaille. En dirigeant la création de la musique, j’ai pu leur indiquer de ménager différents temps en prévision du montage. Ainsi, la vidéo finale s’est adaptée aux contraintes du tournage, et, épaulée par une musique adaptée, le rendu était parfaitement cohérent. Une musique plus linéaire achetée en ligne n’aurait jamais permis cela.

Quoi qu’il en soit, on donc a la possibilité de lisser ces imprévus pour les intégrer de manière cohérente dans la création finale au stade des ajustements. Pour pouvoir correctement faire ces ajustements, il faut absolument avoir un objectif clair en tête.

Si l’objectif est une forme précise à atteindre, un simple imprévu au tournage peut empêcher la réalisation de cet objectif. En effet, si la matière tournée ne permet pas d’atteindre le résultat final, la vidéo est sérieusement pénalisée. Le stade de l’ajustement devient donc inutile, puisque l’objectif ne sera pas atteint quoi qu’il en soit. Rien ne peut guider la prise de décision à ce stade, et la création en pâtit énormément, voire devient inexploitable.

Au contraire, si le but est un message à faire passer, on peut, malgré les aléas survenus durant la réalisation, focaliser la création vers la transmission de ce message. Même si elle change totalement de forme, la vidéo peut être à même de remplir l’objectif initialement fixé.

Par exemple, imaginons que vous souhaitiez créer une vidéo pour un événement que vous organisez. Vous avez déjà organisé un événement de ce type par le passé et vous voulez la même vidéo que celle de l’événement précédent. Il s’agit d’une sélection d’interviews réalisées dans un endroit dédié et montées ensemble.

Malheureusement, vous apprenez au dernier moment qu’il ne sera pas possible d’obtenir une salle dédiée au tournage de ces interviews. Si le modèle pour la vidéo à réaliser est celle de l’an dernier, basée sur une forme de tournage impossible à mettre en place, comment faire les bons choix au moment du tournage ? Il est très difficile de rebondir et de s’adapter à la forme de l’événement. En effet, aucun mot d’ordre ne permet de prendre les décisions nécessaires.

Par contre, si la vidéo prévue est strictement la même (une série d’interviews dans une salle à part), mais que son but est explicité, tout est facilité. Par exemple ; la sélection d’interviews nous permettra de transmettre le sentiment général que notre produit inspire aux clients. Dans ce cas, si l’imprévu de la salle d’interviews survient, il est toujours possible de réagir et de proposer une solution pertinente (une sélection de plans des participants interagissant avec le produit, des plans de l’événement tournés maintenant pour illustrer une interview réalisée plus tard, …).

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