Le medium vidéo : pour quels messages ? #2

Alix 2 mars 2015

On a vu, dans la première partie de cet article, que la vidéo ne transmet pas de contenu profond. Elle est plus désignée pour résumer un vaste sujet ou montrer de manière simple tous les détails d’un processus.

En plus de ça, ce medium peut transmettre des émotions de manière très efficace. La vidéo étant une forme proche de l’expérience que nous avons du monde, il est très facile de s’y relier en tant que spectateur. Elle peut transmettre des contenus qui évoquent certains souvenirs et émotions.

Image & son

Par l’image et le son, on peut déclencher le souvenir de certaines sensations, et ainsi établir une solide connexion avec le spectateur. En image, c’est le cas de cette vidéo, qui se focalise sur un artisanat.

La caméra se place intentionnellement proche de la matière, suscitant le sens du toucher chez le spectateur. On a une mise en valeur des couleurs, formes, textures.

On peut créer le même effet en se focalisant sur le son. Cette vidéo l’exploite très bien.

Cette vidéo transmet presque toute l’histoire par son incroyable bande son. Plus que le réalisme, chaque son cherche à déclencher une réaction physique chez le spectateur, à lui faire ressentir l’émotion que la vidéo cherche à transmettre à ce moment précis.

Montage

Le montage peut lui aussi jouer un rôle très important dans le déploiement d’une émotion par la vidéo. Cette réalisation, par exemple, est un lookbook créé en vue de tourner un film. Il s’agit d’un assemblage de dizaines d’images provenant d’autres films déjà tournés pour donner une idée de ce que sera le style du film prévu.

Par la multiplication des exemples, le montage crée un nouveau sentiment général, une nouvelle esthétique. Sa grande force réside dans le fait que cette nouvelle esthétique, bien que composée d’une multitude de styles préexistants, sera différente de celle de chaque plan qui la compose. Le cerveau perçoit les nuances entre chaque proposition et les mémorise pour tisser quelque chose de nouveau, avec une précision impressionnante.

Cette capacité de la vidéo à déployer une émotion est totalement différente de l’aspect plus rationnel que l’on a étudié dans la première partie de cet article, et tout aussi riche. Comme on l’a vu, elle passe par les mêmes outils et propose une multitude de nouvelles possibilités. Voyons comment ces deux facettes peuvent coexister et ce qui en résulte pour le message.

Combinaison

Ces deux forces de la vidéo peuvent très bien travailler ensemble vers un même message. Elles sont d’ailleurs très généralement présentes toutes les deux, dans des quantités variables. Même si une vidéo est principalement pragmatique, on y trouve souvent une partie émotionnelle, et vice-versa.

On peut ainsi très bien avoir un message de vulgarisation avec un caractère inspirant. À l’inverse, le message peut être principalement émotionnel, et l’autre usage de la vidéo vient simplement le soutenir.

On peut reprendre les exemples qui marchaient le mieux dans la première partie de cet article (Johnnie Walker, Nordstrom Innovation Lab). Ils exploitent le point fort de la vidéo développé dans cette première partie (la visualisation, la vulgarisation), et sont pourtant en même temps inspirants et touchants.

Cette vidéo n’optimise clairement pas le pouvoir de démonstration qu’offre le medium. En effet, on n’a aucune utilisation de l’image comme outil puissant de visualisation ; le décor est épuré au possible, immobile, et quasiment tout le contenu passe par la voix. On n’a pas non plus de montage qui crée du rythme ou apporte une quelconque autre valeur à la vidéo. Enfin, le son est uniquement composé de mots, et pas de bruits, de sons évocateurs.

En somme, la même information aurait pu passer à 80 % par un texte.
Pourtant, l’enthousiasme dégagé par Cali Lewis rattrape ce manque, et rend l’utilisation de la vidéo valable pour ce message. En effet, la vidéo aurait été absolument ennuyeuse sans l’énergie et le ton qu’elle y insuffle.

Même si c’est un exemple un peu bancal, on peut donc mêler les deux forces de la vidéo pour atteindre un meilleur résultat.

Voyons maintenant un exemple complet de cette alliance.

On a là un message vraiment puissant, qui exploite extrêmement bien les points forts de la vidéo. En effet, le message final est principalement émotionnel ; il y a un contenu certain dans ce domaine-là. Et pourtant, tout ce message est amené grâce aux atouts de visualisation de la vidéo, plus pragmatiques.

Le dispositif mis en place lors de l’expérience est relativement complexe et demande de bien représenter la manière dont il est déployé et son déroulement. C’est ce dont se charge l’autre versant de la vidéo.

Les deux aspects cohabitent si bien qu’ils se servent l’un l’autre. Par exemple, tout le début de la vidéo, où le manège du dessinateur et des participants est établi, intrigue et crée naturellement un suspense important. Ce qui ménage une place adéquate à la partie émotionnelle qui suit.

Exploiter les deux avantages qu’offre ce medium est donc essentiel pour créer une vidéo forte et mémorable. Quelle que soit l’importance de l’émotionnel et du pragmatisme dans le message délivré, coupler les deux dans une vidéo rendra toujours des créations beaucoup plus puissantes.

Conclusion

Reprenons les composantes du medium vidéo et voyons ce qu’elles apportent selon ce que l’on a vu dans cet article et le précédent.

Les images permettent une restitution proche de notre expérience du monde au travers de la vue. Elle nous rappellent des formes, des textures, … Cet outil peut être utilisé pour rappeler des sensations au spectateur, ou proposer une vue d’ensemble d’une situation.

Le son crée des ambiances qui nous entourent et vient déclencher comme l’image des sensations que l’on a vécues. Il peut donc être un rappel de sensations, ou véhiculer une information par des mots et des sons naturels.

Le montage, enfin, assemble ces deux outils pour parvenir à un message cohérent. Il peut tisser une émotion depuis les différentes informations transmises par l’image et le son, ou ordonner l’information.

Avec chacune de ces composantes, on peut donc faire passer un message pragmatique, d’information pure, ou émotionnel, faisant appel à des sensations, des associations chez le spectateur. En équilibrant la part de l’un et de l’autre, on peut façonner un message de manière extrêmement fine et percutante.

Qu’en pensez-vous ?

Comment avez-vous trouvé cet article ? Qelles sont vos réflexions sur ces deux points forts de la vidéo ? Partagez ça dans les commentaires !

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